Projets

PROGIG - Prolifération de l'huitre creuse du Pacifique Crassostrea gigas sur les côtes Manche-Atlantique françaises : bilan, dynamique, conséquences écologiques, économiques et ethnologiques, expériences et scénarios de gestion (PROGIG)

Coordination

Christian HILY Université de Bretagne Occidentale Laboratoire des Sciences de l'Environnement Marin

Jacques DENIS Institut Français de Recherche pour l'Exploitation de la Mer

Partenaires

Université de Bretagne Occidentale, Centre National de Recherche Scientifique

Description du projet Du lundi 19 décembre 2005 au vendredi 19 décembre 2008

L’huître creuse du Pacifique, Crassostrea gigas est élevée en France depuis les années soixante dix
pour pallier à l’effondrement des stock des autres espèces : l’huître « portugaise », Crassostrea
angulata et l’huître « plate » Ostrea edulis. Introduite massivement notamment sur la façade
atlantique, seuls deux bassins ostréicoles du Sud de la Loire : Marennes-Oléron et bassin d’Arcachon,
ont vu l’espèce s’implanter durablement et établir des populations naturelles. Depuis 30 ans, l’espèce
se reproduit annuellement et constitue la base de 70% de la conchyliculture française. La survie des
larves dans des conditions thermiques et halines favorables a conduit rapidement à la constitution de
populations « sauvages » installées principalement sur les estrans rocheux mais parfois aussi en estran
meuble à partir de fixations sur des supports coquilliers dispersés sur les sédiments. Compte tenu des
caractéristiques écophysiologiques de l’espèce et des aires de répartition initiales dans son pays
d’origine, les prévisions étaient qu’elle ne se reproduirait pas de manière efficace au nord de la Loire.
Le risque écologique de sa dispersion et a fortiori de son éventuelle invasion sur le littoral n’avait pas
été envisagé.
Cependant depuis plus de 10 ans, le processus s’est également produit en Bretagne et en Normandie,
d’abord très ponctuellement à l’occasion de périodes estivales favorables dans quelques sites très
abrités : fonds de baies (rade de Brest…), rias (Aven, Belon…), estuaires (Trieux…). De petits noyaux
de populations se sont établis principalement à proximité immédiate des élevages d’où étaient issues
les pontes. Aujourd’hui le phénomène s’est accéléré et on peut véritablement parler d’une invasion de
certains secteurs par cette espèce qui peut recouvrir entièrement les substrats sous-jacents. L’espèce
présente de nos jours des caractéristiques proches de celles des espèces invasives pouvant perturber
des écosystèmes et la biodiversité associée. L’origine de ce changement de distribution peut résulter
des modifications des conditions climatiques générales comme d’une adaptation génétique en limite
d’aire de distribution. L’espèce semble actuellement élargir l’éventail des conditions
environnementales dans lesquelles elle établit des populations. Ainsi les potentialités d’occupation de
l’espace littoral par l’espèce semblent extrêmement larges avec des conséquences majeures d’un point
de vue écologique mais également socio-économique. Jusqu’à présent aucun programme d’étude
intégrée n’a été développé sur ce phénomène, même si la profession ostréicole a pris conscience du
problème et que quelques actions d’éradications ont été menées très localement par les collectivités et
les comités professionnels.

Cartographie du projet

Le projet en images

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